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Entre complotisme, masque et vaccin : comment éviter que le Covid-19 devienne un sujet de discorde à Noël

À quelques heures du réveillon, de nombreux Français angoissent à l’idée de se retrouver à table avec leur famille et d’aborder les sujets qui fâchent, particulièrement cette année avec le coronavirus.

 

Des sujets à éviter et un équilibre à trouver

En cas de désaccord, il faut se mettre en retrait, savoir se taire et ne pas jeter de l’huile sur le feu, recommande Christophe Di Giovanni, conseiller conjugal et familial. «On peut faire le choix de ne pas participer aux sujets minés et anxiogènes qui génèrent la dispute», ajoute la praticienne lyonnaise. À cela s’ajoute qu’il est important de «rester solidaire si l’un des membres est attaqué» et aider ensuite à changer de sujet. On peut prévoir une liste de thèmes sur lesquels tout le monde tombera d’accord ou du moins qui ne créera pas de conflits. Passionnée de musique et de littérature, Emma est arrivée chez ses parents dans la campagne mosellane «avec plein d’idées de livres et de jeux pour diversifier les conversations». Elle préfère fuir le désaccord que de «se prendre le chou sur des détails» pour qu’au moment du dessert «personne ne soit finalement tombé d’accord».

Faut-il pour autant abandonner toute discussion sur laquelle on pourrait s’écharper ? Pour le psychologue Vincent Joly, «ce n’est pas un mal de ne pas être d’accord, au contraire». Dans chaque groupe, il y a un équilibre à trouver et «une dispute permet de retrouver les justes forces» pour que la structure tienne. «Le souci est que parfois on ne va pas arriver à se disputer, cela ne va pas être un débat vif mais juste chargé émotionnellement», explique le psychologue parisien. En s’appuyant sur l’étymologie latine du mot «disputare» qui signifie «examiner», il conseille d’avoir des discussions franches en famille et accepter que l’autre soit différent sans l’exclure du groupe. «On devrait pouvoir se disputer normalement sans haïr l’autre, sans faire qu’on ne se voit plus pendant deux ans à cause d’une histoire de masques.» Et pour y arriver, il faut premièrement «essayer de faire le tri entre ce qui est la réflexion générale et le vécu personnel» puis «identifier ses émotions, étant donné que la colère et la peur de mourir, de perdre son emploi, de voir ses proches malades sont très présentes». Une fois ce travail réalisé, il faut dire les choses, écouter et répondre avec diplomatie.

Écoute et diplomatie

«Parfois plus personne ne s’entend, tout le monde crie et personne ne s’écoute», raconte Carole, Lilloise quarantenaire. «Alors, j’essaie de ramener le calme en récapitulant les idées de chacun». «Mais ce n’est pas évident», renchérit son mari Sébastien en souriant, qui s’est déjà «pris la tête» avec ses beaux-parents sur les gestes barrière à appliquer à la maison. «Ils sont psycho-rigides, on a l’impression d’être dans un hôpital», critique-t-il tout en reconnaissant «qu’ils font ça pour leur sécurité». «Il ne faut surtout culpabiliser personne», répond Christophe Di Giovanni, le conseiller conjugal et familial. Elle appelle les familles à décider en amont ce qui est important pour elle et les partager ensuite aux autres. Au moment «où les choses sont dites, il faut qu’il n’y ait aucun jugement, ajoute-t-elle, chacun doit se sentir libre et en sécurité, particulièrement les plus anciens».

Être à l’écoute de l’avis différent voire opposé, le comprendre sans pour autant le partager. Pour le thérapeute, Christophe Di Giovanni, «il va falloir beaucoup écouter particulièrement cette année, il faut que l’autre ait l’impression d’être entendu et compris». Espérons ainsi que, malgré les sujets vaccins, gestes barrière, Hold-Up, masques et reconfinement, nous aurons réussi à arriver à la bûche sans embûche.

Extrait du Figaro écrit le 24/12/2020 par Marie-Liévine Michalik

Entre complotisme, masque et vaccin : comment éviter que le Covid-19 devienne un sujet de discorde à Noël

À quelques heures du réveillon, de nombreux Français angoissent à l’idée de se retrouver à table avec leur famille et d’aborder les sujets qui fâchent, particulièrement cette année avec le coronavirus.

 

Des sujets à éviter et un équilibre à trouver

En cas de désaccord, il faut se mettre en retrait, savoir se taire et ne pas jeter de l’huile sur le feu, recommande Christophe Di Giovanni, conseiller conjugal et familial. «On peut faire le choix de ne pas participer aux sujets minés et anxiogènes qui génèrent la dispute», ajoute la praticienne lyonnaise. À cela s’ajoute qu’il est important de «rester solidaire si l’un des membres est attaqué» et aider ensuite à changer de sujet. On peut prévoir une liste de thèmes sur lesquels tout le monde tombera d’accord ou du moins qui ne créera pas de conflits. Passionnée de musique et de littérature, Emma est arrivée chez ses parents dans la campagne mosellane «avec plein d’idées de livres et de jeux pour diversifier les conversations». Elle préfère fuir le désaccord que de «se prendre le chou sur des détails» pour qu’au moment du dessert «personne ne soit finalement tombé d’accord».

Faut-il pour autant abandonner toute discussion sur laquelle on pourrait s’écharper ? Pour le psychologue Vincent Joly, «ce n’est pas un mal de ne pas être d’accord, au contraire». Dans chaque groupe, il y a un équilibre à trouver et «une dispute permet de retrouver les justes forces» pour que la structure tienne. «Le souci est que parfois on ne va pas arriver à se disputer, cela ne va pas être un débat vif mais juste chargé émotionnellement», explique le psychologue parisien. En s’appuyant sur l’étymologie latine du mot «disputare» qui signifie «examiner», il conseille d’avoir des discussions franches en famille et accepter que l’autre soit différent sans l’exclure du groupe. «On devrait pouvoir se disputer normalement sans haïr l’autre, sans faire qu’on ne se voit plus pendant deux ans à cause d’une histoire de masques.» Et pour y arriver, il faut premièrement «essayer de faire le tri entre ce qui est la réflexion générale et le vécu personnel» puis «identifier ses émotions, étant donné que la colère et la peur de mourir, de perdre son emploi, de voir ses proches malades sont très présentes». Une fois ce travail réalisé, il faut dire les choses, écouter et répondre avec diplomatie.

Écoute et diplomatie

«Parfois plus personne ne s’entend, tout le monde crie et personne ne s’écoute», raconte Carole, Lilloise quarantenaire. «Alors, j’essaie de ramener le calme en récapitulant les idées de chacun». «Mais ce n’est pas évident», renchérit son mari Sébastien en souriant, qui s’est déjà «pris la tête» avec ses beaux-parents sur les gestes barrière à appliquer à la maison. «Ils sont psycho-rigides, on a l’impression d’être dans un hôpital», critique-t-il tout en reconnaissant «qu’ils font ça pour leur sécurité». «Il ne faut surtout culpabiliser personne», répond Christophe Di Giovanni, le conseiller conjugal et familial. Elle appelle les familles à décider en amont ce qui est important pour elle et les partager ensuite aux autres. Au moment «où les choses sont dites, il faut qu’il n’y ait aucun jugement, ajoute-t-elle, chacun doit se sentir libre et en sécurité, particulièrement les plus anciens».

Être à l’écoute de l’avis différent voire opposé, le comprendre sans pour autant le partager. Pour le thérapeute, Christophe Di Giovanni, «il va falloir beaucoup écouter particulièrement cette année, il faut que l’autre ait l’impression d’être entendu et compris». Espérons ainsi que, malgré les sujets vaccins, gestes barrière, Hold-Up, masques et reconfinement, nous aurons réussi à arriver à la bûche sans embûche.

Extrait du Figaro écrit le 24/12/2020 par Marie-Liévine Michalik